samedi 7 janvier 2023

Henri Rousseau : le souci d'être exact


En 1909, Henri Rousseau dit "Le Douanier" peint le double portait de Guillaume Apollinaire et de Marie Laurencin, intitulé La muse inspirant le poète. Le tableau est aujourd'hui conservé au Kunstmuseum de Bâle. En avril, Apollinaire témoigne dans une lettre qu'il adresse au Comœdia :

"J’ai posé un certain nombre de fois chez le Douanier, et le premier jour avant tout, il mesura mon nez, ma bouche, mes oreilles, mon front, mes mains, mon corps tout entier. Et ces mesures, il les transporta fort exactement sur sa toile, les réduisant à la dimension du châssis. Pendant ce temps, pour me récréer, car il est bien ennuyeux de poser, Rousseau me chantait les chansons de sa jeunesse [...]. Et je restais immobile, admirant avec quelles précautions il s’opposait à ce qu’aucune fantaisie, autre que celle qui caractérise sa personnalité, ne vînt détruire l’harmonie de son dessin mathématiquement semblable à la figure humaine qu’il voulait représenter. S’il ne m’avait pas peint ressemblant, le Douanier n’aurait fait aucune erreur ; les chiffres seuls se seraient trompés."



[La muse inspirant le poète (1909) d'Henri Rousseau
Huile sur toile - 146,2 × 96,9 cm]



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